Version offÏcielle de l 'histoire

publiée par le ministère de la farce de froppe...

...qui est vraie pour autant que l'on veut, et autant qu'on y croit...

Avertissement au lecteur

Mesdames, messieurs les Diplomates, Ambassadeurs, Ministres, Gens du peuple et j'en oublie!

Tout d'abord, je dois vous informer que je n'ai pas pris seul la décision de révéler la véritable histoire de la République Libre du Frioul.

Rien ne nous y obligeait.
Seul un attachement fondamental de notre groupe aux valeurs essentielles du partage a pu motiver la décision commune, enthousiaste et unanime... mais, je l'affirme, courageuse, de ne raconter que la stricte vérité dans ces chroniques. Sans fard ni calcul ! Sans craindre l'incompréhension, le jugement, l'ironie, les regards torves et les sourires en biais.

Nous savons que les accents de vérité portés par la chose vécue trouvent une résonance chez le lecteur sensible, prêt à comprendre au-delà de l'image érigée, dirigée, digérée, à laquelle trop souvent notre âme se raccroche afin de s'économiser un vertige jubilatoire lors d'une plongée au coeur du réel.

Nous aurions pu avoir comme beaucoup de républiques une Histoire conventionnelle, avec coups d'état, révolutions, boucheries héroïques, Princesses qui chantent, qui déraillent, et autres réjouissances communément admises, mais la providence nous a guidé vers le hasard et il se trouve que nous le connaissons bien puisqu'il pousse à l'état sauvage au Frioul.

C'est un parfum de la Garrigue!

ConSIDERATIONs fondaMENTALEs
sur la
nature du temps... de l'espace
et
inversement.

Le temps ne sert, somme toute, qu'à faire que nous fonctionnions de façon synchrone. En effet, comment voulez-vous que Charles rencontra Camilla, discrètement sous les Charmilles, sans avoir fixé un repère sous la voûte celeste, à un moment où ce lieu précis serait à l'ombre pour quelques dizaines de minutes afin de ne pas brûler la peau laiteuse de la rousse britanouille pendant qu'elle serait toute entière exposée aux ardeurs du soleil et de Charles réunis... Mais alors, me direz-vous, le temps est mouvement ?... Comme tout mouvement le temps nous rapproche et nous éloigne à notre gré selon la direction que nous prenons... Je sens que vous commencez à comprendre ! Lorsque le temps nous éloigne il devient distance qui nous rapproche du but que l'on s'est fixé. Le temps serait donc distance, mouvement et quoi d'autre ?...
Hmmm !!!
Il faut de l'énergie pour couvrir une distance (surtout quand elle a froid, d'où l'expression : "couvrir une distance" ). Le temps serait donc : distance, mouvement, énergie ? J'en sait rien, moi !.. Demandez à un Routier, un Horloger, un Physicien. De toute façon le temps est ce que nous avons voulu qu'il soit.
Comme le temps n'est pas forcément d'accord pour être ce que nous voulons, il fuit !... Il ne fait que passer, il ne s'arrête pas.
Puisqu'il n'existe pas pour vous comme pour moi ou pour un fumeur de Macao parti en rêve au Nevada, j'en conclu pour ma part qu'il n'existe qu'au moment où je décide qu'il existera, pour partir à Macao avec Camilla, lui faire fumer le Nevada.
Le temps est consensuel, enlevez le préfixe il devient excitant, autre preuve que le temps est ce que nous voulons qu'il soit, s'il n'est pas d'accord il passe... Qu'est-ce-que ça change il passe encore, il y est, il n'y est pas!!!
On peut se moquer du temps, on s'en fout... lui aussi, il ne comprend pas!

HISTOIRE DE FAMILLE VIRTUELLE
Isolée volontaire depuis trois générations, la famille LEVIRTUEL vit sur l'archipel du FRIOUL...
...Déjà mûr lors de la grande guerre hémorragique, Léopold LEVIRTUEL, aïeul d'Egrégore LEVIRTUEL, servait, à son corps défendant, dans la Royale. Seul rescapé de la frégate Holonef canonnée entre Tiboulen et Ratonneau, en touchant les rochers il prononça la phrase désormais célèbre : "J'y suis, j'y reste!"...D'autant qu'il venait d'apercevoir une séduisante silhouette, qui, lui semblait-il, agrémenterait galamment ses longues soirées friouleuses. Cette délicieuse enfant était une Frioulaine de mouton. Bergère de son état, il en fit tout naturellement la sienne. Avant qu'elle n'ait pu dire : "Monsieur, je ne suis pas celle que vous croyez !", elle l'était devenue ! Dans la famille LEVIRTUEL la fougue des pulsions n'a d'égale que la promptitude à les satisfaire...
La bergère de Léopold, répondait, (quand elle voulait bien!) au doux nom de Léocadie, parce qu'il n'y a pas de raison pour qu'elle se fut prénommée autrement. Un fils naquit de cette union, il prit le nom de Théodule, pour la même raison que sa mère. Il grandit en stature, en sagesse et en grâce, selon la formule consacrée. Déjà esthète il appréciait les baigneurs, surtout s'ils appartenaient à de jolies baigneuses...

Au sortir de l'adolescence et dans la crique de Brégantin, il prit femme par surprise, à son tour de taille. Elle répondait à aucun prénom, étant sourde suite à un malentendu avec Louis, un ami de son père qui... Mais ne nous égarons pas !... Nous l'appellerons donc "Par surprise", mais c'est un peu long, usons d'un diminutif : "Prise" d'autant plus qu'elle était au courant des intentions de Théodule. Un fils naquit de cette union aquatique, et, comme il avait de l'esprit il prit le nom d'Egrégore.
Il grandit... à l'instar de son père. Egrégore se préparait donc, sans en avoir réellement conscience, à assumer une fonction d'importance planétaire, instruit en cette perspective par le vent du large, le cri du Gouillon bleu et accessoirement celui du Gabian en rut, qui le mettait en prise directe avec la noosphère dont il ignorait l'existence, n'ayant jamais lu les travaux du Pére Theillard de Chardin.
Un soir, alors qu'il fumait paisiblement sa pipe de persil troublant , Egrégore s'interrogea, ce qu'il a coutume de faire lorsqu'il est perplexe car c'est un homme configuré en syllogistique binaire . Lui vint une vision vague dans la mer : un homme hilare tapait maladroitement cette phrase énigmatique : "Figure toi où l'on te regarde" ...
Dès lors il usa ses jours à chercher de quel prodige procédait sa vision. Le hasard, qui pousse à l'état sauvage sous le ciel vert-oranger frioulant, lui apporta un embryon de réponse, un jour qu'il descendait vers le port pour promener sa Plotte-résille. Une micro-rupture fréquentielle, chose courante au demeurant dans la réalité séquencée, lui fit heurter de la tête une limite spatio-vibratoire. "Eurêka" s'écria-t-il, car sa culture relative est incantatoire. Il venait de comprendre que, ce qu'il avait pris pour une hallucination due au persil troublant, n'était qu'une altération de l'interface ondulatoire qui avait changé de fréquence. Un pont s'était alors établi entre deux univers géostatiques au sein de franges d'interférence parasitées par sa Plotte-résille... Elémentaire, encore fallait-il y penser ! Tout émoustillé par sa découverte, il courut jusqu'à sa résidence afin de créer un site intermythé sur le principe bien connu de la panne interlope ... Fébrile il composa la phrase-clé :
"Figure toi où l'on te regarde". Aussitôt apparut sur le pavillon moiré le visage du même homme hilare qu'il avait aperçu dans la vague rémanente. Cette fois, il pouvait parler à son interpôleur-locutoire . Après avoir doté Jean-Claude MAYO d'une identité et d'un vécu, il s'informa en posant mille questions sur la réalité qu'il venait de créer; il jeta alors les bases d'un monde parallèle virtuellement probable en Nommant Jean-Claude MAYO : "Ministre convoyeur du verbe" de "LA REPUBLIQUE LIBRE DU FRIOUL"

Patrick LLobet - Ministre de la Farce de Froppe